2. Méthodes de production et de fabrication des huiles essentielles


2.1 L'hydrodiffusion
L'hydrodiffusion est une forme de distillation à la vapeur. La différence tient à la façon dont la vapeur entre dans l'alambic. Pour l'hydrodiffusion, c'est par le haut que la vapeur est introduite pour passer à travers la matière végétale, plutôt que par le bas comme dans les systèmes de distillation habituels.

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La condensation du mélange de vapeur contenant l'huile se produit sous la grille retenant la matière végétale. Les avantages de cette méthode sont : moins de vapeur, temps de traitement plus court et meilleur rendement en huile.


2.2 Distillation à la vapeur d'eau :
Les plantes sont mises dans un alambic, c'est à dire une cuve remplie d'eau chauffée doucement. Celle-ci crée de la vapeur, qui passe à travers les végétaux. Les végétaux "transpirent" alors de fines gouttelettes qui vont également se transformer en vapeur, cette fois chargée des molécules aromatiques.

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Cette vapeur va gagner une seconde cuve et déboucher dans le serpentin, un tuyau en verre en forme de spirale, enveloppé d'eau froide.
La vapeur est ainsi refroidie pour former une condensation. Ces nouvelles gouttelettes seront alors réceptionnées à la sortie de l'alambic par "l'essencier", ou vase florentin : l'huile essentielle qui flotte à la surface, y est séparée de l'eau de distillation, l'hydrolat que la densité supérieure entraine au fond du récipient, permettant une séparation facile des deux liquides.
2.3 L'expression
Cette méthode est nettement plus simple que la distillation, mais elle est également plus limitée.
En effet, il s'agit simplement de briser les zestes frais d'agrumes pour en recueillir les essences aromatiques.

C'est le procédé le plus simple et le seul qui ne modifie pas le produit obtenue, pour cette raison on désigne ce dernier « essence » et non pas huile essentielle (par exemple : essence de citron, d'orange, de cédrat, de mandarine, de bergamote, de pamplemousse...)
L'expression à froid est une technique qui a pris naissance en Sicile et en Calabre, avant d'être utilisée par tous les Pays producteurs d'agrumes. Elle consiste à dilacérer les péricarpes ou « zestes » (on dit aussi flavedo) de sorte que l'essence contenue dans les sacs oléifères, qui tapissent l'écorce du fruit, s'écoule à l'extérieur pour être récupérée par un dispositif quelconque.

2.4 L'enfleurage
L'enfleurage a été pratiqué sur différentes huiles depuis l'Antiquité, l'huile de ben, d'amandes, etc. plus récemment, l'enfleurage a été pratiqué sur des graisses plus solides comme l'axonge (gras de porc), dans la ville de Grasse dont c'est la spécialité, (jasmin, tubéreuse, jonquilles de Grasse, etc.) ; ce procédé est moins utilisé de nos jours est utilisé avec des pétales de fleurs robustes (si les fleurs sont trop fragiles, on procède à l'enfleurage à froid) que l'on plonge dans un bain de graisse animale chauffé à plusieurs reprises jusqu'à obtention d'une graisse suffisamment saturée. La graisse est ensuite lavée avec de l'alcool, jusqu'à obtention de l'essence dite absolue.

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 2.5 L'extraction par solvants volatils
L'extraction par solvant consiste à séparer les constituants d'un mélange à l'aide d'un solvant volatil (éthanol,  hexane) qui ne se mélange pas avec l'eau. Le solvant se charge des molécules à extraire grâce à sa forte affinité avec elles. On sépare ensuite le solvant et l'eau dans une ampoule à décanter. Pour récupérer les molécules, on élimine ensuite le solvant par distillation.

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2.6 L'extraction au dioxyde de carbone (CO2) hypercritique
L'usage du dioxyde de carbone hypercritique pour extraire l'huile essentielle de certaines matières végétales est récent. Quoique coûteux, ce procédé donne des huiles de bonne qualité.
À 33º C, le dioxyde de carbone atteint son point critique, c'est-à-dire la limite entre l'état gazeux et l'état liquide. À cette température, il possède certaines propriétés des deux états, ce qui en fait un excellent solvant pour l'extraction d'huiles essentielles nécessitant une basse température. En outre, le processus est quasi instantané.
Autre particularité, le dioxyde de carbone est inerte : aucune interaction chimique ne se produit avec l'essence extraite. La simple dépressurisation sépare automatiquement l'huile essentielle du dioxyde de carbone.
Ce procédé s'effectue dans une cuve étanche, en acier inoxydable robuste, où l'on peut générer la pression nécessaire à ce que le dioxyde de carbone atteigne son point critique, soit 200 atmosphères ou, en d'autres mots, 200 fois la pression atmosphérique moyenne au niveau de la mer. Le coût de l'équipement nécessaire à l'extraction au dioxyde de carbone représente un investissement considérable.

2.7 La Décoction
La décoction consiste à verser une substance dans de l'eau bouillante (frémissante) pour en extraire les principes actifs. Plusieurs plantes, feuilles, fleurs, racines  trouvées en herboristerie pour leurs vertus thérapeutiques s'utilisent, entre autre, sous forme de décoctions. La décoction permet une extraction des principes actifs plus complète que l'infusion mais ne s'applique pas partout, la température modifiant ou dégradant certains principes. La volatilité des principes est bien mise en évidence dans le remède de nos grands mères consistant à faire bouillir du thym dans une pièce pour la désinfecter et aider un enrhumé à respirer.
 . Exemple : décoction de queues de cerise
 

2.8  L'Infusion
L'infusion est une méthode d'extraction des principes actifs et des aromes d'un  végétal par dissolution dans un liquide initialement bouillant que l'on laisse refroidir. Cette opération s'oppose à la décoction, dans laquelle le liquide est maintenu bouillant, et à la macération dans laquelle le liquide est froid. Le solvant n'est pas nécessairement de l'eau, cela peut être également une huile ou un alcool. Exemple : préparation du thé.

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2.9 La Macération
La macération est un procédé qui consiste à laisser tremper un solide dans un liquide pour en extraire les parties solubles, voire qu'il s'y décompose, ou au contraire pour qu'il absorbe de ce liquide afin d'en obtenir le parfum ou la saveur, ou encore pour le conserver. Exemple : préparation de liqueurs par macération de fruits dans l'alcool.